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C'est faux !

93 % des wallon·ne·s présentent des traces de pesticides dans leurs urines,que ce soit chez les adultes ou les enfants. Le rapport de l’Inserm « Expertise collective: Pesticides et effets sur la santé–Nouvelles données »  s’appuyant sur plus de 5300 documents scientifiques récents démontre la présomption d’un lien entre l’exposition aux pesticides et la survenue de pathologies. Ci-dessous sont présentées quelques informations tirées de cette étude.

Exposition des agriculteur·rice·s et des riverain·e·s des zones agricoles

  • Forte présomption d’un lien entre l’exposition aux pesticides et six pathologies: lymphomes non hodgkiniens(LNH), myélomes multiples, cancer de la prostate, maladie de Parkinson,troubles cognitifs, bronchopneumopathie chronique obstructive et bronchite chronique.
  • Des liens ont été identifiés pour d’autres pathologies avec une présomption moyenne : maladie d’Alzheimer,les troubles anxio-dépressifs,certains cancers.

Un exemple concret tiré de cette même étude : chez les professionnel.le.s, l’exposition prolongée et répétée à des doses réduites de pesticides peut entraîner une augmentation non négligeable du risque de contracter un cancer de la prostate de 12 à 28 %. Ce risque de cancer de la prostate concerne également les habitant·e·s des zones rurales
au sens large.

 

Exposition pendant la grossesse ou l’enfance

  • Lien confirmé entre l’exposition (professionnelle ou environnementale) à certains pesticides des mères pendant la grossesse et les troubles du développement neuropsychologique et moteur de l’enfant.
  • Forte présomption d’un lien entre l’exposition aux pesticides de la mère pendant la grossesse (exposition professionnelle ou par utilisation domestique) ou chez l’enfant et le risque de certains cancers, en particulier les leucémies et les tumeurs du système nerveux central. Les études menées ces dernières années, rapportées dans le rapport de l’Inserm,signalent également une augmentation significative du risque de leucémie et de tumeurs cérébrales chez les enfants d’agricultrices.

Exposition des consommateur·rice·s aux résidus de pesticides

Les études traitant de l’exposition chronique aux résidus de pesticides dans l’alimentation et les effets à long-terme sont encore peu nombreuses et complexes à réaliser.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a établi, dans son dernier rapport (3), que sur 100.000 échantillons alimentaires prélevés, presque un échantillon sur deux (45%) contient au moins une trace mesurable de pesticides, parmi lesquels 60 % présentent plus de deux traces mesurables. De plus, 2% des échantillons dépassent la limite maximale autorisée en matière de pesticides. L’étude a ensuite comparé ces chiffres avec les aliments bio : la probabilité d’être sans aucune trace de pesticides est de 87%, de contenir au moins une trace faible est de 12% et que la dose de résidus de pesticides dépasse la norme maximale est de 1%.

Ajoutons que les études réalisées sur les risques de notre exposition aux résidus ne prennent pas en compte les effets liés aux mélanges de pesticides. De plus,dans la formulation des pesticides, des molécules (appelées co-formulant) sont ajoutées aux matières actives (molécules qui détruisent ou repoussent l’organisme visé) afin, par exemple, d’être efficaces plus longtemps. Certaines de ces molécules sont des PFAS (composés issus de l’industrie chimique qui font partie des perturbateurs endocriniens). Un besoin d’acquisition de données afin de mieux étudier la complexité de ces mélanges et leurs impacts sur notre santé est urgent.

En conclusion, manger bio diminue fortement le risque d’être exposé à un ou plusieurs pesticides.

Source texte et illustrations: Biowallonie